Une tradition de retour au Québec !

Je ne vous apprendrai probablement rien dans ma présentation, mais il n’y a pas si longtemps de ça, il se faisait de très belles cannes à moucher en bambou refendu au Québec. Je tenais un stand au Salon de la pêche à la mouche de Trois-Rivières en novembre dernier pour présenter mes cannes en bambou et plusieurs moucheurs m’ont dit posséder une vieille canne à moucher en bambou ayant appartenu à leur père ou grand-père. Probablement que plusieurs de ces cannes provenaient d’ateliers et manufactures américaines ou de Grande-Bretagne, mais quelques unes avaient été fabriquées par des artisans Québécois de grand talent. À travers mes recherches, j’ai découvert qu’un certain Joseph Boivin fabriquait à Ste-Monique-Les-Saules (quartier Les Saules de Québec), de très belles cannes à moucher en bambou refendu au début du 20e siècle. J’ai découvert aussi, qu’il s’est tenu une boutique au 103 de la rue St-Pierre à Québec de 1945 à 1981, la Huron Fishing Tackle, où on vendait des cannes à moucher en bambou Tonkin de très bonne qualité. Et dans les années ’50, ’60 et ’70, un artisan en Montérégie du nom de Andy Barr, fabriquait des cannes à moucher en bambou de forme pentagonale qui sont encore très recherchées de nos jours. Sans oublier Michel Lajoie de Châteauguay qui fabrique encore des cannes en bambou refendu depuis les années ’80. Et si je fouillais encore un peu, je suis persuadé que je retrouverais d’autres artisans de la canne à moucher faite de bambou Tonkin qui ont établi leur marque dans le passé au Québec.

C’est bien ce que j’ai l’intention de perpétuer en Amérique francophone. Nous possédons un territoire où l’on retrouve les plus beaux lacs et rivières, peuplés de truites, saumons et autres espèces recherchées par les pêcheurs à la mouche les plus aguerris. Dans le monde des boutiques de pêche à la mouche, on peut s’équiper de pied en cap à très bon prix, mais les plus exigeants rechercheront toujours La canne à moucher fiable qui leur procureront satisfaction à tout égard, avec de grandes qualités techniques et au « look » unique. Une canne qui traversera le temps, que l’on pourra transmettre à ses enfants, qui eux feront de même plus tard. Une canne chargée d’histoires de pêches mémorables, une canne fabriquée d’un matériau noble et créée par un artisan.

Pêcher avec une canne à moucher en bambou c’est vivre une expérience unique. L’action de la canne nous fait réaliser les qualités exceptionnelles de ce matériau que l’on utilise depuis plus de 150 ans. Certains pêcheurs vous diront que les cannes en bambou n’offrent que des actions molles. Mais détrompez-vous, avec les techniques modernes de fabrication nous pouvons rivaliser avec les meilleures cannes de graphite. J’ai appris à fabriquer ces cannes exceptionnelles dans l’état du Maine, selon la méthode Garrison, cet américain ingénieur en aéronautique qui a révolutionné les méthodes de fabrication des cannes en bambou dans les années ’30,’40 et’50 aux États-Unis et qui fait référence partout dans le monde présentement. Mon but est de vous faire découvrir et apprécier les cannes à moucher en bambou Tonkin refendu. Je fabrique des cannes hexagonales de 6 pieds à 12 pieds, en soies #3 à #9 que je vous présenterai très bientôt.

D’ici là, je vous souhaite une très belle saison de pêche ! Moi je retourne à mon atelier…

 

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Michel Sylvestre

Artisan-fabricant de cannes à moucher en bambou

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4 réflexions sur “Une tradition de retour au Québec !

  1. Bonjour Michel, ( je me permets cette familiarité..)

    Quelle belle surprise dominicale! Merci pour partager ces beaux moments. La pêche  »à la mouche » et aussi les autres, sont un mode de vie ou le contact avec la nature nous rapproche de nous même…en autant que cette démarche est conscientisé.
    Comme le disait Pagnol dans un de ces films quand le père disait des pêcheurs qui se faisaient photographié avec leurs poissons  » ils sont orgueilleux ces hommes » et qui à sont tour oublie cela à la prise d’un beau trophée. La pêche c’est plus que du spectacle vidéo avec des saumons qui sautent à cinq pieds dans les airs…c’est surtout apprendre à connaître… sur soi et sur le milieu halieutique.
    Ces justement cette dimension de l’apprentissage qui m’attire dans cette activité.
    Bonne saison de pêche et d’expérience de vie.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Denis, (idem)

      Vous me comblez ce matin. Deux beaux commentaires en une seule matinée ! Ma parole, c’est trop ! C’est drôle que vous me citiez le film de Pagnol, car c’est exactement mon point de départ de cet article. Le film en question est « La gloire de mon père ». En fait, je veux bien préciser que je n’ai rien contre les éclats d’enthousiasme sur les rivières avec de belles grosses prises. Bien au contraire. Faut savoir s’exprimer. Mais je me rends compte qu’en prenant de l’âge (j’ai 56 ans) on est de plus en plus près de la nature et de ce qu’elle a à nous offrir. Plus à l’écoute je crois bien. Et pour ma part, quand j’entre lentement dans une rivière et que j’entends le son de cette eau qui coule, le vent, les oiseaux, le bruit de mes pas dans l’eau, mon bonheur devient complet. Je n’ai pas besoin de plus. Mais si en prime la nature m’offre un beau poisson, je vais être le gars le plus heureux du monde. Car j’aurai livré un combat avec une canne à moucher en bambou que j’aurai fabriqué, avec une mouche fabriquée par un artisan local. Bref, le bonheur ! Une très belle saison de pêche à vous aussi Denis. Et merci encore pour vos commentaires.

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